| Davantage d'activité physique à l'école, mais moins à la maison ! |
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Promouvoir l'activité physique (AP) pour prévenir l'obésité infantile ne semble pas être une stratégie gagnante.
En effet si les programmes les plus ambitieux (plus d'espaces de jeux, plus d'éducateurs sportifs etc..) paraissent propices à augmenter l'AP des enfants, aucune répercussion sur leur indice de masse corporelle (IMC) n'a été observée. L'explication pourrait se trouver dans « l'Activitystat Hypothesis » émise par Rowland dès 1998. Selon cette hypothèse, la dépense énergétique totale fournie par un individu serait « génétiquement programmée» et par conséquent toute AP imposée à un moment donné sera compensée par une diminution de l'AP à un autre moment. L'objectif de cette étude d'observation est donc de tester la pertinence de cette hypothèse en examinant les relations entre l'AP à l'école et l'AP en dehors de l'école. Deux cent six enfants entre 8 et 10 ans issus de 3 écoles (E1, E2, E3) différentes ont été recrutés. Les élèves de E1 avaient un environnement propice au sport avec la possibilité de pratiquer en moyenne 9,2 heures d'AP par semaine, tandis que ceux de E2 et E3 ne pouvaient en faire que 2,4 h et 1,7 h par semaine respectivement. L'activité physique totale (APT) c'est-à-dire la somme de l'AP à l'école et celle en dehors de l'école a été mesurée grâce à un accéléromètre ajusté à la ceinture des enfants. Comme on pouvait s'y attendre, les enfants de E1 avait une AP de 64 % supérieure à ceux de E2 et E3 (p<0,001) à l'école. Par contre, en dehors de l'école, les enfants de E2 et E3 avaient une AP d'environ 55 % supérieure à ceux de E1 (p<0,001). Au final, l'APT ne montrait aucune différence significative entre les enfants de E1, E2 ou E3 (p=0,38). Selon les auteurs toute AP imposée ou suggérée aux enfants à un moment donné est compensée par une diminution de l'AP un autre moment, rendant crédible « l'activitystat hypothesis». En pratique il ne s'agit pas de remettre en cause l'intérêt qu'il y a à encourager l'activité physique chez les enfants mais de savoir si la solution ne se trouverait pas ailleurs que dans des moyens intuitifs (et coûteux !) tel que la modification de l'environnement. L' Activitystat Hypothesis ouvre la voie à une réflexion plus scientifique qui pourrait mener à terme à une solution efficace.
06/12/11 - Dr Rodi Courie - Univadis |


