Vitamine D et allergie : info ou intox ? Imprimer

L'origine de l'explosion des pathologies allergiques demeure mal connue.

L'interaction entre le système immunitaire adaptatif, les bactéries du tube digestif et les nombreuses substances de l'environnement est en effet difficile à appréhender.

Depuis quelques années, de nombreux travaux se sont intéressés à la vitamine D en raison de son implication dans le système immunitaire. Un bon nombre de publications ont ainsi établi un lien entre bas taux de vitamine D et survenue de maladies allergiques.

 

En 2011, pas moins de 8 études ont été publiées sur le sujet avec des résultats parfois discordants. Il est cependant difficile d'analyser les résultats de ces différents travaux, les métabolites considérés étant souvent différents, les dosages effectués chez la mère, dans le sang du cordon ou chez l'enfant...

Aucune de ces études ne s'est cependant intéressée à l'existence ou non d'une supplémentation en vitamine D chez les nouveau-nés concernés.

Il faut noter pourtant que le rachitisme autrefois fréquent n'était pas associé à l'allergie et que l'« épidémie » d'allergie coïncide au contraire avec la supplémentation systématique des nourrissons en vitamine D...

Dès les années 1930, des publications se sont d'ailleurs interrogées sur le rôle potentiel de ce traitement dans la survenue de l'allergie.

L'exposition à la vitamine D est ubiquitaire dans le monde occidental actuel par supplémentation directe ou indirecte dans les aliments. L'impact de cet apport est très difficile à analyser par les études épidémiologiques.

Ce constat troublant permet de supposer que le statut en vitamine D n'a probablement pas un rôle direct sur l'apparition de l'allergie.

La programmation épigénétique du système foetal de la vitamine D, par des taux bas de vitamine D chez la mère, pourrait expliquer la survenue de l'allergie lorsque le nouveau-né est exposé par la suite à une supplémentation.

Des essais cliniques randomisés sur la supplémentation en vitamine D chez la femme enceinte et le nouveau-né pourront peut-être faire avancer la compréhension de ce paradoxe apparent...

 

Univadis - 10/07/12 - Dr Geneviève Démonet